Rôle d’un psychologue à l’école est inestimable

Le travail d’un psychologue dans les écoles est multiforme ; il est là pour consulter, diagnostiquer, traiter et accompagner les élèves qui ont besoin d’une aide psychologique, mais cela est aussi valable pour les professeurs et les parents. Tout cela met au centre de tout l’élève. Tel est l’avis de Rénovate Irambona, psychologue à l’Université du Burundi.

 Selon Renovate Irambona, le rôle du psychologue à l’école est inestimable. Il est là pour écouter les doléances des élèves, des parents, ainsi que des professeurs. Une fois formé pour cela, le psychologue peut diagnostiquer les troubles d’adaptation à l’école, les troubles d’apprentissage, les troubles de fonctions sensorielles. Pour les parents, il écoute leurs plaintes, notamment leurs inquiétudes face aux notes obtenues par leurs enfants et à leurs comportements à la maison. Le psychologue est là pour aider dans la mesure du possible. Le psychologue peut aussi travailler comme conseiller d’orientation. Les élèves qui ont des problèmes d’orientation dans une section, dans un département, peuvent être aidés à choisir ce qu’ils vont faire à l’université.  Des recherches qui ont été faites ont montré qu’il y a  une différence entre une école où il y a la présence d’un psychologue et une autre où il n’y en a pas. Elles ont porté sur les écoles qui ont des psychologues pour voir si les bénéficiaires sont contents, épanouis. Dans ce cas, les bénéficiaires ont dit qu’ils sont contents du travail du psychologue, qu’ils ont été écoutés et qu’ils ont amélioré, et d’autres ont été rassurés, précise Mme Irambona

Des difficultés ne manquent pas

Néanmoins, ce métier rencontre des difficultés dans notre pays. Souvent, le psychologue ne fait pas seulement le travail de psychologue. C’est en même temps un enseignant, dans ce cas, il est débordé, il doit travailler sur deux fronts. Ensuite, le psychologue est méconnu. Les gens ont parfois peur de lui, et cela en Afrique en général et au Burundi en particulier. L’idéal serait d’engager un psychologue qui s’occupe exclusivement de son travail, qui fait l’orientation, l’encadrement des élèves, qui les soutient, qui rassure les parents, ajoute Mme Irambona. Selon toujours notre interlocutri, au Burundi, les écoles n’ont pas de psychologues. L’enseignant de psychologie joue parfois en même temps le rôle de  psychologue. Aussi, les psychologues ne sont pas motivés pour exercer leur métier de psychologie.

Quelques écoles sont dotées d’un psychologue scolaire

Le Lycée du Saint-Esprit est l’un des établissements scolaires qui possèdent des psychologues scolaires. Génèviève Nibizi, chargée du bureau de suivi, nous a donné son témoignage sur son travail. Son travail consiste exclusivement en l’écoute, l’orientation et conseils aux élèves, aux parents mais aussi aux enseignants. Elle travaille étroitement avec les professeurs. Les problèmes rencontrés sont généralement liés aux conflits familiaux, aux crises d’adolescence, au problème d’identification dû au changement d’école, au plan de travail pour les nouveaux élèves surtout ceux de la 7e et ceux de la 1ère année post fondamentale, mais aussi des problèmes psychologiques qui ne peuvent pas trouver de solution sur le champ. Ceux-là sont référés aux centres de prise en charge plus spécialisés.

Pour elle, le travail de psychologue évite des abandons scolaires puisque les problèmes sont détectés à temps et peuvent être résolus.

Elle nous a donné l’exemple des élèves qui sont dans l’impossibilité de payer les frais de scolarité. Ceux-ci sont pris en charge par l’école, mais cela est possible avec le travail du psychologue. Il y a aussi des élèves qui rencontrent des difficultés d’ordre familial et qui peuvent s’adonner aux stupéfiants. Ils  sont orientés vers les activités parascolaires. Tout cela évite des échecs ou des abandons scolaires. Elle a précisé que son rôle va jusqu’à responsabiliser les élèves pour s’entraider mutuellement, ce qui diminue sensiblement l’échec scolaire.

Elle a demandé qu’il y ait le recrutement des psychologues  à temps plein qui ne sont pas des enseignants pour avoir le temps d’écouter, de diagnostiquer et de traiter des cas présentés. Pour essayer de résoudre les cas, Mme Irambona a suggéré au ministère en charge de l’éducation de mettre un psychologue au niveau de la direction communale de l’enseignement ou tout au moins au niveau de la Direction provinciale de l’enseignement et de faire un objectif à long terme, car cela est nécessaire pour l’orientation. Un étudiant mal orienté finit par abandonner ou travaille durement pour réussir, et quand il a eu son diplôme, il abandonne la carrière par manque de passion. Il faut donc des psychologues qui contrubuent dans les orientations.
Aline Nshimirimana

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