DOSSIER> Sur le 56ème anniversaire de l’indépendance du Burundi

Sous le thème « Consolidons l’indépendance par l’unité et travail, source de développement », le 56ème anniversaire de l’indépendance du Burundi sera célébré dans trois jours. Le président du Conseil national de l’Unité nationale et la réconciliation appelle les Burundais à résister contre les esprits mal intentionnés qui tenteraient de les diviser encore. Quant au président de l’Observatoire national pour la prévention et l’éradication du génocide, des crimes de guerre et des autres crimes contre l’Humanité, le Burundi a toujours été victime de la philosophie de diviser pour régner lui infligée par les impérialistes. 

 

D’après Guillaume Ruzoviyo, président du Conseil national pour l’Unité nationale et la réconciliation au moment de la célébration du 56ème anniversaire de l’Indépendance du Burundi, chaque Burundais devrait faire une introspection, pour évaluer les réalisations depuis l’indépendance et surtout sonder les raisons qui auraient été à la base de la violation de l’unité nationale, entravant du coup le développement.Et tout Burundais doit savoir que les divisions ethniques  n’ont pas de place car, Hutu, Tutsi, Twa et Ganwa sont des fils et filles du Burundi. Il n’y a pas donc une raison de se retrouver divisés en tant que Burundais. Pour cela, le président du Conseil national de l’Unité nationale recommande aux Burundais de résister à une main étrangère qui tenterait de les diviser. Les esprits malintentionnés profitent toujours de la division pour nuire au pays.  Pour le président de l’Observatoire national pour la prévention et l’éradication du génocide, des crimes de guerre et des autres crimes contre l’Humanité, l’indépendance du Burundi reste toujours menacée si les Burundais n’y prennent garde. Et d’ajouter qu’au 56ème anniversaire de son indépendance, l’étranger en l’occurrence l’Occident, veut imposer une gouvernance au Burundi.

Il revient sur le processus référendaire qu’il qualifie de légal et légitime. Ce dernier, dit-il, a été combattu avec énergie par des puissances étrangères, en collaboration avec certains Burundais de la société civile et certains politiciens.« Ce n’est pas cela seulement. L’Occident, en collaboration avec certains pays de la sous-région et certains Burundais, s’est arrogé le droit d’interpréter la Constitution burundaise en 2014 et 2015 dans le but de renverser le pouvoir démocratiquement élu », regrette le président de l’Observatoire en charge de la prévention du génocide.

Pour M. Mutabazi, cette main étrangère qui ne veut pas laisser le peuple burundais jouir de son autonomie s’est toujours servie de la division du peuple. Chose commencée depuis longtemps qui aboutira à son objectif en 1961 dans la famille royale, « le conflit Bezi-Batare». C’était pour inhiber ou perturber l’indépendance des Burundais. Puisque, a-t-il ajouté, cette division fut suivie par les chicaneries au sein de l’Uprona, parti de l’indépendance, qui débouchèrent sur des assassinats de presque tous les parlementaires Hutu élus en 1965. En 1972, survint le massacre de l’intelligentsia Hutu.

Le conflit ethnique a eu ses ingrédients : parmi eux, le conflit régional et clanique

D’après Jean de Dieu Mutabazi, les conflits interethniques n’ont pas été la seule facette de la division de la société burundaise. Il y a eu aussi la division au sein des Batutsi à caractère régional et d’autres divisions claniques au sein de la classe Hima. Le président de l’Observatoire national pour la prévention et l’éradication du génocide, les crimes de guerre et d’autres crimes contre l’Humanité a également évoqué comme entrave à l’indépendance l’assassinat du Président Ndadaye démocratiquement élu en 1993 et ses proches collaborateurs.

Et de faire remarquer que la communauté internationale, notamment l’Occident, n’a pas condamné cet acte ignoble.Pour M. Mutabazi, pire encore, ces forces étrangères ont soutenu les putschistes en divisant les démocrates indépendantistes et la minorité. « Ces divisions alimentées par les forces étrangères nous ont mis dans une guerre civile, jusqu’à ce que les dignes fils d’Afrique comme  Julius Nyerere et Nelson Mandela s’impliquent très sérieusement dans le conflit burundais pour aboutir à l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi en 2000 et aux Accords de cessez-le-feu en 2003, dans le but d’essayer de remettre le Burundi sur les rails de la démocratie et de l’autonomisation du peuple burundais », a indiqué Jean de Dieu Mutabazi.

Des puissances impliquées de très près

M. Mutabazi rappelle que si Louis Michel, diplomate belge, s’est expressément rendu à Arusha pour imposer une ligne rouge à ne pas franchir par la Commission vérité-réconciliation dans ses investigations, à savoir 1961 avant l’indépendance, il savait pourquoi.« Aujourd’hui donc, nous célébrons le 56ème anniversaire de l’indépendance au moment où l’acharnement contre le Burundi continue dans les capitales des puissances étrangères. A Genève, comme quoi le Burundi viole les droits de l’Homme », lâche Jean de Dieu Mutabazi. Il est revenu sur le récent rapport que le rapporteur sénégalais vient de présenter lors de la 38ème session du Conseil des droits de l’Homme. C’est un mensonge international, a dit M Mutabazi, avant de signaler que des Belges, des Français et des Américains qui n’ont jamais mis les pieds au Burundi savent prononcer le mot « Imbonerakure ».Revenant sur le thème choisi pour cette année, à savoir « Consolidons l’indépendance par l’unité et le travail, source de développement »,  Guillaume Ruzoviyo dit que par manque d’unité naît la guerre, et celle-ci ne fait que détruire les infrastructures publiques, la richesse du pays, etc.

Et partant, M. Ruzoviyo laisse entendre qu’après la guerre, le pays se retrouve dans les projets de reconstruction. Or, ce dont les Burundais ont besoin, c’est le développement et ce dernier n’est possible que quand l’unité est consolidée afin de donner la chance aux décideurs de s’impliquer dans les projets de développement et non de reconstruction.Quant au Conseil national de l’Unité nationale et la réconciliation, Guillaume Ruzoviyo signale que son rôle dans la consolidation de l’indépendance et dans la droite ligne du thème choisi cette année, sera de sensibiliser afin de promouvoir l’Unité.

Eviter la collaboration avec les impérialistes

Jean de Dieu Mutabazi dit qu’aucun Burundais ne devrait collaborer avec les impérialistes pour saboter l’indépendance et l’autonomisation du peuple burundais. Tous les Burundais, sans exception, devraient partager la vision du prince Louis Rwagasore et de Melchior Ndadaye qui est celle du chef de l’Etat actuel Pierre Nkurunziza.Le fait que des étrangers  et des Burundais honnêtes aient avoué qu’ils s’étaient trompés ou qu’ils avaient été induits en erreur sur la question du mandat et du référendum constitutionnel, jusqu’à s’excuser, cela devrait servir d’exemple.

Jean de Dieu Mutabazi lance un appel au peuple burundais de consolider l’unité afin de parfaire la vision de l’indépendance et de l’autonomisation quel que soit leur clan, ethnie, région, religion, appartenance politique, etc. « Nous devons renforcer notre unité dans la diversité », a-t-il martelé avant de signaler que l’indépendance politique est une base pour l’indépendance économique.L’indépendance économique signifie arriver à mieux exploiter les potentialités que la nature et le Bon Dieu a données au Burundi, a-t-il laissé entendre.

Et pour mieux les exploiter, il faut l’équité, le partage équitable des ressources du pays, sans quoi le fossé entre les Burundais riches et pauvres va continuer à s’aggraver. C’est pourquoi la bonne gouvernance est un sérieux défi aujourd’hui, a poursuivi M. Mutabazi. Pour consolider l’indépendance, il faudrait également que les corrupteurs et les corrompus ne soient pas plus forts et, surtout, les mettre hors d’état de nuire pour éviter des mécontentements pouvant mettre en danger certains acquis de l’indépendance politique.
Amédée Habimana

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